Chanvre Breton – Jean Marie fait le buzz dans les médias

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Jean-Marie M. – De toute façon, le marché du CBD, en France, il est déjà là. Maintenant, il faut habituer les clients et les consommateurs à consommer local, français, ou local le plus près de chez soi. Enfin, ça, ça va de soi. Et puis leur ouvrir les yeux aussi sur tout ce qui tout ce qu’ils achetaient avant. Et puis les fleurs françaises, voilà.

Rencontre avec Jean-Marie Moello, chanvrier et membre de chanvre Légal Pro

Thomas B. – Là, c’est une des deux parcelles. On est chez Jean-Marie !

Jean-Marie M. – Et là, c’est le chanvrier !

Jean-Marie M. – Je suis rentré dans la formation. Donc c’était en 2019, quand la formation Chanvre Légal Pro a commencé. Oui, donc voilà, on est monté crescendo.

Thomas B. – Et là tu as 500 plants.

Jean-Marie M. – Et là, voilà un petit peu plus de 500 à 550 pieds de plantés.

Thomas B. – D’où est ce que tu viens, toi, avant d’arriver sur le chanvre ? Et tout ça en fait, avant la formation et tout.

Jean-Marie M. – Donc moi je viens du secteur des travaux publics. En tout, j’ai dû faire sept ou huit ans d’intérim. Et sinon ça a été des CDI, CDD aussi au début forcément, mais plusieurs CDD que j’ai lâchés puisque je suis assez “bouge bouge” et que voilà trois ans, trois ans et demi dans la même boîte, ça me suffisait.

Thomas B. – Donc ton idée c’était de te barrer de là en fait.

Jean-Marie M. – Oui oui.

Jean-Marie M. – C’est ça, mon truc à moi, déjà. Le chanvre, c’était peut être pas forcément tout tracé, mais je voulais faire quelque chose de mes mains et puis être mon propre patron.

Thomas B. – On est en 2022. Quel genre de production on a massivement aujourd’hui sur le marché en France, qui se vend un petit peu partout sur les 2000-2500 points de vente ?

Jean-Marie M. – Aujourd’hui, c’est beaucoup de la fleur étrangère, dont on n’a aucune traçabilité. Alors voilà, c’est ça le problème. On sait pas trop comment ça a poussé déjà, puisque certains n’hésitent pas à mettre certains intrants pour augmenter la production et puis pour ne pas avoir de problèmes avec certains ravageurs et compagnie. Par exemple en Suisse ou en Italie, il faut savoir qu’ils n’ont pas les mêmes taux de THC dans le produit fini. Donc souvent les fleurs qui viennent de l’étranger, c’est des fleurs qui ont été rabaissées parce qu’à l’origine elles étaient bien au-dessus des 0,3. Bon maintenant voilà, c’est vrai qu’on trouve de tout, on trouve des produits, des bons produits aussi. Tout dépend la méthode de la méthode de rabaissement. Il y a des méthodes plus ou moins clean. Un petit coup de Pollinator, ça ne fait rien, ça fait juste descendre le taux. Bon, quand on fait par contre, on passe ses fleurs à l’éthanol ou au gaz, enfin le truc dégueulasse là, forcément, on rince tout et derrière il faut redonner l’odeur, il faut redonner des taux de cannabinoïdes intéressants donc voilà.

Thomas B. – Là on utilise des produits synthétiques, entre autres.

Jean-Marie M. – Des terpènes artificiels ou naturels. Mais pareil pour le CBD, ça peut être du CBD naturel ou du CBD synthétique. Bon, il y en a un qui est moins cher que l’autre, donc forcément pour certains, le choix est vite fait.

Thomas B. – En tout cas, toi, tu fais partie de ceux qui veulent faire un truc propre.

Jean-Marie M. – Ah bah complètement. De toute façon, moi je suis en petite production donc évidemment, il va falloir faire quelque chose le plus possible de qualité, un produit de qualité si on veut pouvoir le vendre derrière. Voilà, c’est du travail un petit peu minutieux qui prend du temps, mais voilà, c’est une passion aussi, c’est ça qu’il faut voir. Ici le sol n’a pas été travaillé. Après, je ne dis pas qu’il ne faut pas le travailler, il y a plusieurs façons de faire. Le labour surtout, ça c’est quelque chose qui devrait être pas interdit mais le labour c’est la pire des choses quoi. Ramener la couche du dessous sur le dessus, c’est bon, il y en a plein qui pourront expliquer pour qui, pourquoi. Mais voilà, il y a tout ce qui est organismes vivants qui sont à 20 à 30 centimètres dans le sol, quand on les ramène sur le dessus, ils crèvent. Et puis pareil pour la couche du dessus, ceux qui sont au-dessus, ils sont habitués à vivre dessus.

T. – Tu tues le sol en fait.

J-M. – Oui, oui, ça tue le sol le labour.

T. – Qu’est ce que t’a apporté la communauté Chanvre Légal Pro ?

J-M. – Chanvre Légal Pro, déjà, ça apporte des connaissances physiques. Chanvre Légal Pro ça m’a beaucoup aidé pour connaître du monde qui s’intéresse à cette plante. Et puis après voilà, pour le réseau, pour la distribution, tout ça. C’est vrai que voilà, être dedans, connaître du monde et puis des connaissances que j’avais peut-être pas forcément non plus. J’ai appris certaines choses aussi, surtout au niveau cannabinoïdes puisque je m’y suis beaucoup plus intéressé.

La commercialisation du chanvre breton de Breizh Marie-Jeanne

T. – Tu as trouvé tes premiers points de vente.

J-M. – Donc un bureau de tabac qui vend mes fleurs. Pour l’instant, je n’ai que des fleurs à proposer.

T. – Tu as trouvé une partie de tes débouchés grâce à l’un des membres du coin là.

J-M. – Voilà, c’est pareil. Il y a une personne qui est rentrée dans la formation, donc Vincent, qui lui a bien gazé puisqu’il a déjà ouvert plusieurs boutiques. Là il en est à trois déjà, il y en a d’autres qui vont s’ouvrir dans pas longtemps. Donc voilà, je parle d’un réseau, lui est dans le réseau et il fait que via cette personne, je vais pouvoir écouler aussi un petit peu de mon stock.

T. – Et il veut justement valoriser des productions locales, circuits courts.

J-M. – Voilà, c’est ça en plus il veut valoriser une production, que du local, donc pas que de la fleur, mais il vend un petit peu de tout.

T. – De la qualité faite proprement, sans intrants.

J-M. – Avec une traçabilité forcément, puisque..

T. – Avec une traçabilité. Tu devrais avoir une cinquantaine de kilos de belle matière ?

J-M. – Pour moi, je pense que c’est un minimum. Il y a certains pieds qui vont faire beaucoup plus, certains pieds qui vont faire moins aussi.

T. – De quoi générer une activité à plein temps.

J-M. – Pour une personne, oui. Alors l’activité oui, là ça me la génère plus qu’à plein temps. C’est du boulot, surtout quand on fait tout à la main.

T. – Tout est manuel. La question qui vient tout de suite derrière, c’est parce qu’il y a un espèce de truc qui plane aujourd’hui dans le monde autour de nous, c’est “ouais, le CBD, c’est super facile, on va se faire des couilles en or, etc”. Pourquoi c’est difficile et pas aussi simple que ce qu’on croit, l’univers du CBD ?

J-M. – Tout dépend puisque de toute façon ça va pousser, sauf s’il y a vraiment pas d’eau et que c’est la merde comme cette année, oui, il faut arroser, ça c’est évident. Mais derrière, oui, sur une plante, si on veut tirer le maximum d’une plante, il y a certaines choses à savoir. Peut-être tailler un petit peu, pour éviter les problèmes qui vont venir quand il y aura du vent, pour éviter la casse. Après bon, la culture en soi, oui, il y a certaines choses à savoir. Pareil pour ne pas avoir un taux de THC qui explose, il y a quelques petites techniques comme ramasser un petit peu plus tôt et puis éviter trop d’apport de potasse. Ça c’est quelque chose qui va faire grimper un peu le taux. Après derrière, voilà, il faut revendre ses produits. Avant les revendre, il faut les analyser, il faut avoir des analyses qui passent en dessous de 0,3.

T. – Savoir ce qu’on fait si jamais c’est pas le cas.

J-M. – Voilà, savoir qu’est ce qu’on va faire de ces fleurs si jamais ça dépasse. Bon bah cette année je suis parti avec des petits filets, petit filet à ramer.

T. – Et ça c’est vraiment la toute première récolte.

J-M. – Là ouais, voilà, ça c’est les autos.

T. – Et donc à côté, il y a ton petit atelier.

J-M. – Ouais, voilà, vite fait.

T. – Alors ça, c’est les containers pour la récolte qui arrivent.

J-M. – Ouais, ouais, ouais, tac.

T. – Et puis là donc de quoi transformer pas mal de trucs en fait.

J-M. – Ouais, en petite quantité. Mais bon. Bah voilà, c’est déjà ça. Tout le monde connaît le pollinisateur, ça c’est une petite, une petite presse.

T. – Donc tu as ton matos d’emballage, de stockage, d’étiquetage et tout ça.

J-M. – Voilà, voilà les sachets.

T. – Prêt à être remplis.

J-M. – Les sachets remplis, on a les fioles, ok, ouais, prêt à dégainer quoi.

T. – Impec. Donc Jean-Marie, oui, tu as déjà quelques petits produits à commercialiser, c’est ça ? Ça serait qu’est ce que tu as au magasin ?

J-M. – Alors que je commercialise là, déjà, j’ai deux fleurs, donc une CBG, une CBD donc toutes les deux dans le même sachet. Alors attends. TIC tac. TIC. TIC. TIC.

T. – Ok.

J-M. – Voilà, un petit sachet, c’est vendu en tant que fleur à infuser. De toute façon, actuellement en France, on n’a pas le droit de vendre de fleur à fumer.

T. – Infuser avec un fusil. Donc ça c’était petit projet en cours.

J-M. – Voilà une CBD BCBG de toute façon. Forcément, au bout d’un moment. Bon bah là évidemment, les fioles ressemblent à des fioles.

T. – S’il n’y a pas d’étiquette, on est en test là. Bah en fait, quand tu auras trouvé le pas la bonne formule mais.

J-M. – Quand je pourrais avoir des taux acceptables, je pourrais la mettre avec le pourcentage dessus.

T. – Il t’est arrivé un truc de dingue. Il y a quelques semaines, une journaliste est venue te voir et suite à ça, tu t’es retrouvé avec un bel article Dans combien de médias ?

J-M. – Il y a minimum une vingtaine de médias qui l’ont repris. Je pense citer deux ou trois. Le Point France 24, ça a même été repris jusqu’au jusqu’au Canada. Il y a eu un média qui l’a retrouvé.

T. – Un autre truc intéressant qui était arrivé il y a pas longtemps, c’est que tu viens de faire la bascule de ton ancien job à passer à plein temps sur ton projet là.

J-M. – Voilà, voilà, j’ai pris la décision. De toute façon, j’avais plus trop le choix étant donné les récoltes de ce qui va arriver derrière en ayant mon temps plein comme j’avais l’année dernière et tout. Bon, j’ai pu m’en sortir parce que j’avais très peu de récolte, mais cette année c’est clair que c’est pas possible. Donc il y a un moment où il faut faire le choix et donc le choix a été fait et j’ai décidé d’arrêter pour l’instant, pour l’instant ou même définitivement, on y croit le TP quoi. Et passer exclusivement à mon projet, mon activité de producteur de chanvre à fleurs.

T. – Qu’est ce que tu aurais envie de dire à ceux qui ont envie de se lancer, qui hésitent, qui se disent c’est la poule aux œufs d’or ou je mélange un peu de tout, mais volontairement, parce qu’il y a ce genre de questions qui se posent souvent. Ou alors par où commencer ?

J-M. – L’idéal. Voilà, comme j’ai fait rentrer dans une formation pour pour déjà se former, c’est la base. Et puis pour connaître du monde, tu sais, c’est l’obligation de se lancer tout seul, là, actuellement dans le CBD, non ? Pour moi, c’est là, c’est trop tard. C’est peut être qu’avant, encore et encore, on peut actuellement cultiver la fleur que depuis officiellement que depuis le début de l’année. Donc oui mais non. Sinon oui il faut connaître du monde. Et puis faut être un minimum aussi passionné par la plante, par la nature, par tout ça. Quand on veut faire quelque chose de bon pour les autres, déjà il faut prendre soin de sa plante, prendre soin de son sol. Voilà, c’est quelque chose qui va de pair.

T. – C’est juste affuter aussi sur les parties légales évidemment.

J-M. – Voilà, voilà, à savoir qu’est ce qu’on a le droit de faire et de pas faire tout le côté législatif. Voilà, ça c’est des trucs qui ne s’apprennent pas dans les journaux ou c’est voilà, c’est en coulisses qu’on voit ça dans les connaître du monde, dans les formations, est ce qu’il y a.

T. – Aujourd’hui un marché pour des productions françaises, sachant qu’on est un peu pénalisé en termes de possibilités par rapport à nos voisins proches ? Tu as l’air de démontrer que oui, il y a un marché pour ça.

J-M. – Bah clairement oui, à partir du moment où on fait des produits de qualité, des produits naturels déjà qui n’ont pas été transformés ou qui n’ont pas été maquillés, évidemment qu’il y a un marché dans d’autres pays, c’est différent. Ils ont des aides, ils ont tout ce qu’il faut pour pour produire. Nous en France, limite on a le droit de produire, c’est bon, là on a le droit, mais c’est bon, il n’y a pas d’aides, il y a rien pour pour pour les petits chevriers quoi. C’est sûr, il faut se débrouiller un petit peu soi même quoi.

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